2.11.21

Application de la méthodologie à partir de l’ouvrage de Moses I. Finley

Question 1 : D’après vous, quel est le rôle des sources dans le travail de l’historien ? Quels problèmes posent l’exploitation des sources antiques ?

Le rôle des sources est de permettre à l’historien d’écrire, de comprendre l’histoire à partir des informations du passé. Les sources écrites ou principales sont les plus importantes en histoire ancienne, mais elles sont aussi les plus rares car elles sont difficiles à exploiter. L’état de conservation de ces documents est un facteur clé dans leur utilisation. Les sources dites secondaires sont les écrits, points de vue et analyses d’autres historiens sur la période étudiée. L’historien Halkin disait qu’il fallait écrire l’histoire à partir des sources (donc principales) et non à partir d’autres études (donc secondaires). A noter toutefois que les sources ne montrent qu’un coté partial de l’histoire.

Question 2 : Comment comprenez-vous la phrase (p. 43) « [les historiens gréco-romains] ne développèrent aucune technique de critique des sources, ni aucune méthode pour utiliser correctement les sources secondaires. » ?

D’après Finley, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la distinction entre les sources primaires et les sources secondaires n’était pas ou peu prise en compte. Non pas que les historiens postérieurs à cette date n’avaient pas conscience de cette différenciation ; mais ils n’en tenaient visiblement pas compte. Finley cite comme exemple Tite-Live et Plutarque, tous deux abondamment étudiés en histoire ancienne mais qui recopient d’autres historiens au même titre que leurs propres analyses.

Distinguez les passages où Finley exprime une expression personnelle

  • [de « Les écrivains anciens » à « Ils inventent »]

Finley explique que les historiens, faute de sources primaires, inventent des faits.

  • [de « Je suppose qu’aujourd’hui » à « légendaire »]

Finley explique que critiquer un fait communément établi comme la liste des Rois Albains serait considéré comme improductif alors qu’au travers de quelques calculs démographiques simples, on se rendrait compte que cette liste ne peut être complète.

  • [de « Tout cela » à « validation »]

Finley expose son opinion sur un ton moqueur certains historiens qui utilisent et citent des sources secondaires.

Quelles sont les noms, les sujets évoqués dans cet extrait pour lesquels vous auriez besoin d’effectuer une recherche pour être sûr de bien saisir l’enjeu des propos de Finley ?

  1. L’histoire de la Rome républicaine retracée par Tite-Live et Denys d’Halicarnasse nécessiterait beaucoup plus de recherche pour comprendre comment ces derniers ont pu raconter et décrire en détail des situations pour lesquelles les sources primaires sont inexistantes.
  2. La chronologie des rois d’Albe avec la biographie de Numa Pompilius duquel il n’existe que d’informations.
  3. L’histoire de l’Orient hellénistique après la mort de Xénophon (après le Vie siècle).
  4. Les textes de Dion Cassius ayant utilisé des sources primaires.

Reconstituez la progression de l’extrait sous la forme d’un plan numéroté

  • [de « Je commencerai par » à « recherche historique »]

Différence entre sources directes et sources secondaires

  • [de « La dernière phrase » à « nous satisfaire »]

Les historiens antiques ne tiennent guère compte de cette différence

  • [de « L’historien moderne » à « sa biographie est légendaire »]

Preuves que le manque de sources n’est visiblement pas un obstacle pour les historiens antiques.

  • [de « Je pourrais » à « la nôtre »]

Les historiens actuels à l’instar des historiens antiques font face au même problème : le manque de source primaire antérieur au IIIe siècle.

  • [de « Tout cela » à « validation »]

Quelques exemples d’historiens qui font peu cas des sources primaires.

  • [de « La rareté» à « partisans »]

En histoire ancienne, le peu de source est parfois compensé par l’archéologie.

  • [de « Si l’on introduisait » à « importantes »]

En plus du manque de source, le manque de contextualisation nuit gravement à la compréhension globale de la période ou de l’évènement.

Rédigez un résumé de cet extrait en 700 mots (+/- 10%)

Finley rappelle que la recherche historique est basée sur l’étude des sources. Il cite A. Momigliano pour qui « toute la méthode moderne de la recherche historique est fondée sur la distinction entre sources directes et sources indirectes » . Les premières sont les plus fiables, tandis que les secondes sont des interprétations. Finley estime que les historiens antiques connaissaient cette différence ; qu’il estime fondamentale ; mais qu’ils n’en tenaient pas compte. Aussi, une source provenant de tradition orale ou oculaire avait autant d’importance qu’un écrit. Les historiens les plus célèbres comme Tite-Live, Hérodote, Plutarque, Thucyclide ne font pas exception. Or, pour Finley, l’historien « moderne » ne doit pas céder à ces pratiques. Même si certaines périodes importantes, telle que la Rome républicaine sont très difficiles à étudier à cause du manque cruel de sources directes. Pour autant, Finley estime qu’il ne faut pas céder à la facilité de prendre les écrits de Tite-Live et Denys d’Halicarnasse au « pied de la lettre » ; en effet, leurs écrits sont postérieurs à cette époque de plusieurs centaines d’années. Selon Finley, les historiens antiques, lorsqu’ils n’ont pas d’autres choix (ou par manque d’informations) n’hésitent pas à inventer ! Certains épisodes parmi les plus fameux de l’histoire antique tels que la destruction de Troie ou la chronologie des rois d’Albe manquent cruellement d’informations fiables et les historiens n’hésitent pas à combler ces lacunes par des inventions de toutes pièces. Finley accepte ce constat car la situation est sans remède. Il n’existe pas beaucoup de sources directes qui nous soient parvenus en état de conservation suffisante pour être exploitées. Donc, selon lui, nous faisons face à la même problématique que Tite-Live à son époque mais près de deux milles ans plus tard. Donc, quelle solution peut-on y apporter ? Est-ce qu’il y a vraiment une solution acceptable ? Mis à part des ententes entre historiens qui se valident mutuellement leurs écrits pour pallier au manque de robustesse de leurs sources ? Finley en cite en certains nombres comme John Addington Symonds, Jacob Burckhardt, Frederico Chabod et Ogilvie. Finley rappelle que la rareté des sources écrites est aussi liée à l’utilisation peu fréquente et peu généralisée de l’écriture. Dans ce genre de situation, le recours à l’archéologie peut et devrait aider à comprendre le contexte plus global. En fait, depuis le milieu du IVe siècle (mort de Xénophon), les sources directes comme des documents écrits manquent à l’histoire grecque. Il y en a très peu qui nous soient parvenus. La moitié d’un livre écrit par Velléuis Paterculus, quelques lettres de Cicéron, les Res Gestae rédigés par Auguste. Il n’y a guère que Dion Cassius dont on a retrouvé un exposé daté du IIIe siècle. Mais au-delà du manque ou de l’utilisation hasardeuse des sources, il reste la contextualisation de ces données. En effet, ces sources ne sont que des échantillons disparates dans un écosystème complexe à cerner. Ainsi, il est très difficile, (à deux exceptions près selon Finley, malheureusement l’extrait ne les mentionne pas) de comprendre et d’étudier l’histoire d’une région, d’une citée ou d’un peuple sur une période longue. En conséquence, les historiens modernes ne peuvent étudier et aborder les évènements que séparément les uns des autres, sans être capables de les relier de façon cohérente si ce n’est chronologique (surtout grâce à l’archéologie). Finley prend l’exemple de « la guerre des Gaules » présentée comme un ensemble d’événements, certes, mais avec une mise en perspective limitée. Ce constat est d’autant plus préjudiciable pendant les périodes charnières de l’histoire d’Athènes, comme par exemple l’entre guerres médiques et la guerre du Péloponèse où Thucydide, malgré toutes ses productions, n’a fourni aucun exposé systématique. Ainsi, nous sommes dans l’incapacité de dater des événements majeurs comme des batailles importantes mais qui sont néanmoins étudiées. (630 mots).

Question 3 : Trouvez 3 comptes rendus réalisés à différentes périodes sur l’ouvrage de M. Finley. Vous donnerez leurs références avec exactitude, puis vous indiquerez en quelques lignes en le reformulant le regard spécifique que chacun d’eux porte sur cet ouvrage. (5 points)

1.       Raepsaet Georges (L'antiquité classique / Année 1988 / 57 / pp. 514-515)

Georges Raepsaet explique que Finley insiste sur l’importance des sources, du rôle de l’archéologie ainsi que la notion de cité grecque dans son livre.

2.       Polignac François (Annales / Année 1989 / pp. 1566-1568)

François Polignac explique que les écrits de Finley ne peuvent être considérés comme des héritages car ils sont toujours présents et valables pour n’importe quel étudiant en histoire. Polignac rappelle que Finley expose humblement mais fermement que le manque de sources historiques, en histoire ancienne, peut être compensée par l’archéologie, l’anthropologie. Tout ceci afin de remettre les choses en perspective et non plus considérer les sources gréco-latines comme une vérité absolue.

3.       Brun Patrice (Revue des Études Anciennes / Année 1990 / pp. 164-165)

Patrice Brun explique que Finley souligne l’importance des sources lorsqu’on étudie l’histoire antique. Il estime que les ouvrages de Finley sont une nécessité pour tous étudiants en histoire et même historiens confirmés.

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